chien


chien

chien, chienne [ ʃjɛ̃, ʃjɛn ] n.
chen 1080; lat. canis
I
1Mammifère (carnivores; canidés) issu du loup, dont l'homme a domestiqué et sélectionné par hybridation de nombreuses races. cyn(o)- . Un chien, une chienne. toutou; fam. 1. cabot, cador, clébard, clebs. Ouïe, vue, odorat aiguisés des chiens. Chien de race. Chien bâtard. corniaud. Chien perdu sans collier. Chien errant, trouvé. Chien méchant. Loc. prov. Le chien est le meilleur ami de l'homme. Relatif au chien. canin. Exposition de chiens de race. Généalogie d'un chien. pedigree. Croiser des chiens. mâtiner. Petit du chien. chiot. Cris du chien. aboyer, glapir, gronder, japper; 1. ouah (ouah). Chien qui hurle à la mort. Robe, poil d'un chien. Gueule, museau, canines, crocs du chien. Nez du chien. truffe. Le flair du chien. Chien dont on a coupé la queue et les oreilles. courtaud; essoriller. Ergot du chien. éperon . Chien attaché, muselé. laisse; collier, muselière. Pâtée du chien; aliments pour chiens. Le chien ronge son os. La niche, le panier du chien. Mettre un chien à la fourrière. Siffler un chien pour le faire venir. Faire coucher un chien. Caresser un chien. Promener le chien. Chien de chasse (simplement chien, dans ce contexte). Femelle du chien de chasse. 3. lice. Actions du chien à la chasse. arrêter, bourrer, chasser, flairer, halener, piller, quêter, rabattre. Ameuter les chiens. Rompre les chiens. Valet de chiens. 1. piqueur. Meute, harde de chiens. Chien qui va le nez au vent. flairer. Loc. Chien d'arrêt, qui s'arrête quand il sent le gibier. Chien couchant. Chien courant, qui donne de la voix quand il est sur la piste du gibier. — Chien d'appartement. Chien de manchon : très petit chien, que les femmes pouvaient abriter dans leur manchon. — Dresser un chien. Chien de garde. Lâcher les chiens. Chien d'aveugle. Chien policier ( maître-chien) . Chien de berger surveillant son troupeau. Chien de traîneau. Chien qui a la rage, des tiques. Blessures du chien. aggravée, décousure. Un chien pelé, galeux, malade, enragé. Races, types de chiens : airedale, barbet, basset, beagle, berger, bichon, bouledogue, bouvier, boxer, braque, briard, briquet, bull-terrier, caniche, carlin, chien-loup, chihuahua, chow-chow, cocker, colley, corniaud, dalmatien, danois, doberman, dogue, épagneul, fox, griffon, grœnendael, havanais, husky, king-charles, labrador, lévrier, levrette, limier, loulou, malinois, mastiff, mâtin, molosse, pékinois, pit-bull, pointer, ratier, retriever, roquet, saint-bernard, samoyède, setter, sloughi, teckel, terre-neuve, terrier, yorkshire. — Le Grand Chien, le Petit Chien (constellations).
Chien sauvage : animal de l'espèce des canidés, non domestiqué. ⇒ chacal, 1. dingo, lycaon.
Loc. Garder à qqn un chien de sa chienne, lui garder rancune et lui ménager une vengeance. Se regarder en chiens de faïence. Recevoir qqn comme un chien dans un jeu de quilles, très mal. Arriver, venir comme un chien dans un jeu de quilles, mal à propos. — Rompre les chiens. S'entendre, vivre, être comme chien et chat : se chamailler sans cesse. — Cela n'est pas fait pour les chiens : on peut, on doit s'en servir, l'utiliser. — Le chien-chien à sa mémère (allus. au lang. bêtifiant adressé aux chiens).Ne pas attacher son chien avec des saucisses. Faire le chien couchant . Faire le jeune chien; être bête commme un jeune chien : être étourdi, folâtre. — Entre chien et loup : au crépuscule, quand la nuit commence à tomber. — Il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors, un très mauvais temps. — PROV. Bon chien chasse de race. « Mieux vaut un chien vivant qu'un lion mort » ( BIBLE ) . Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage. Un chien regarde bien un évêque : la différence de rang autorise cependant les relations. Les chiens aboient, la caravane passe.
2(Par dénigr.) Loc. péj. DE CHIEN. Avoir, éprouver un mal de chien : rencontrer bien des difficultés. Ça fait un mal de chien, très mal. Métier, travail de chien, très pénible. Vie de chien, misérable, difficile. Temps de chien, détestable. Coup de chien : bourrasque. Caractère, humeur de chien, exécrable.
Interj. Nom d'un chien ! juron familier. — Merci qui ? Merci mon chien ! se dit pour inciter un enfant à ajouter un appellatif.
Loc. COMME UN CHIEN. Traiter qqn comme un chien, très mal, sans égard ni pitié. « Pour ses employés, pour ses domestiques, [...] il les traite comme des chiens » (Duhamel). Être malade comme un chien, très malade. Tuer qqn comme un chien, de sang-froid, sans aucune pitié.
3Fig. et vx Terme d'injure. canaille. « chien de philosophe enragé » (Molière). (En emploi adj.) Dur, méchant. Il n'est pas trop chien. Je ne suis pas chienne, je vais t'aider. Spécialt Avare. rat. Mod. Le chien de quartier : l'adjudant. — Quel chien de temps ! sale. Chienne de vie !
4(1866) Fig. Charme, attrait (surtout des femmes). « Brune, belle, et même mieux que belle : elle a du chien » (Yourcenar). allure, chic.
5Être coiffé à la chien, avec une frange sur le front.
6Fam. Les chiens écrasés.
II
1Chien de mer : petit squale. ⇒ aiguillat, émissole, roussette. Chien-dauphin. lamie.
2(1585) Pièce coudée de certaines armes à feu qui portait le silex et de nos jours guide le percuteur. Le chien d'un fusil de chasse. Loc. Être couché en chien de fusil, les genoux ramenés sur le corps. « Antoine, ramassé derrière elle en chien de fusil » (Martin du Gard).
3Aux tarots, Cartes écartées lors de la distribution. talon.

chien nom masculin (latin canis) Mammifère (canidé) carnivore aux multiples races, caractérisé par sa facilité à être domestiqué, par une course rapide, un excellent odorat et par son cri spécifique, l'aboiement. Terme d'injure. Familier. Personne bassement servile ou personne maltraitée et réduite à une domesticité honteuse. Armement Pièce d'une arme à feu qui portait le silex et provoquait la mise à feu de la poudre en se rabattant sur le couvre-bassinet. Masse additionnelle renforçant l'action du percuteur, lorsqu'il frappe sur l'amorce de la cartouche. Jeux Au tarot, nom donné au talon. Métallurgie Tenaille autoserrante avec laquelle on saisit la barre sur le banc d'étirage. Textiles Pièce du métier à tisser, servant le plus souvent au déclenchement de mouvements brusques. Tonnellerie Outil servant à terminer la fabrication des tonneaux. ● chien (citations) nom masculin (latin canis) Alphonse Allais Honfleur 1854-Paris 1905 Si l'homme est véritablement le roi de la création, le chien peut, sans être taxé d'exagération, en passer pour le baron, tout au moins. Pas de bile Flammarion Anonyme C'était un gentilhomme, ses chiens l'aimaient beaucoup. Gentis hons fu, moult l'amoient si chien. Chanson de geste Anonyme Vous êtes semblable au chien qui crie avant que la pierre ne lui soit tombée dessus. Vos resamblez le chien qui crie ainz que la pierre soit cheüe. Roman de Renart Jean Anouilh Bordeaux 1910-Lausanne 1987 […] J'aurai beau tricher et fermer les yeux de toutes mes forces… Il y aura toujours un chien perdu quelque part qui m'empêchera d'être heureuse… La Sauvage, III, Thérèse La Table Ronde Honoré de Balzac Tours 1799-Paris 1850 Quand il y a une vieille fille dans une maison, les chiens de garde sont inutiles. Pierrette Jean Calvin, de son vrai nom Cauvin Noyon, Oise, 1509-Genève 1564 Ainsi en est-il des reliques : tout y est si brouillé et confus, qu'on ne saurait adorer les os d'un martyr qu'on ne soit en danger d'adorer les os de quelque brigand ou larron, ou bien d'un âne, ou d'un chien, ou d'un cheval. Traité des reliques Nicolas Charlet Paris 1792-Paris 1845 Ce qu'il y a de meilleur dans l'homme, c'est le chien. Légende d'une lithographie Anatole François Thibault, dit Anatole France Paris 1844-La Béchellerie, Saint-Cyr-sur-Loire, 1924 Académie française, 1896 Songez-y, un métaphysicien n'a, pour constituer le système du monde, que le cri perfectionné des singes et des chiens. Le Jardin d'Épicure Calmann-Lévy Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière Paris 1622-Paris 1673 Jusqu'au chien du logis il s'efforce de plaire. Les Femmes savantes, I, 3, Henriette Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière Paris 1622-Paris 1673 Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage, Et service d'autrui n'est pas un héritage. Les Femmes savantes, II, 5, Martine Homère IXe s. avant J.-C. Sac à vin ! œil de chien et cœur de cerf ! L'Iliade, I, 225 (traduction P. Mazon) Bible Un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort. Ancien Testament, Ecclésiaste IX, 4 Commentaire Citation empruntée à la « Bible de Jérusalem ». Bible Comme le chien revient à son vomissement, le sot retourne à sa folie. Ancien Testament, Livre des Proverbes XXVI, 11 Commentaire Citation empruntée à la « Bible de Jérusalem ». Bible Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, ne jetez pas vos perles devant les porcs. Évangile selon saint Matthieu, VII, 6 Talmud Sois plutôt la queue d'un lion que la tête d'un chien. Talmud, I, 10 André Tardieu Paris 1876-Menton 1945 La politique du chien crevé. Commentaire André Tardieu, en 1921, à la Chambre des députés, reprenant, disait-il, les mots d'« un vieil ambassadeur », reprochait au ministre des Affaires étrangères Aristide Briand d'avoir « la politique du chien crevé qui suit le fil de l'eau ». Abu Djafar al-Mansur, deuxième calife abbasside ?-775 Affame ton chien, il te suivra ; engraisse-le, il te mangera. Sentence Robert Burton Lindley, Leicestershire, 1577-Oxford 1640 La lune se soucie-t-elle de l'aboiement d'un chien ? Doth the moon care for the barking of a dog ? The Anatomy of Melancholy, II Ignacy Krasicki Dubiecko 1735-Berlin 1801 Bien qu'entouré d'amis sincères, le lièvre fut mangé par les chiens. Fables, les Amis Peter Ustinov Londres 1921 Nous jugeons qu'une vie de chien est approximativement le septième de celle d'un homme. Mais un président ne mérite même pas une vie de chien. We judge a dog's life as being roughly one seventh that of a man, But a president doesn't even deserve a dog's life. Romanoff and Juliet chien (expressions) nom masculin (latin canis) À la chien, se dit d'une coiffure dans laquelle les cheveux retombent sur le front. Familier. Avoir du chien, avoir de l'élégance, de la séduction, du caractère, un charme un peu provocant, surtout en parlant des femmes. Ce n'est pas fait pour les chiens, il faut y recourir, s'en servir à l'occasion. Familier. Chien du commissaire (de police), son secrétaire. Familier. Chiens écrasés, rubrique d'un journal consacrée à la collecte des petits faits divers. Chien de garde, personne défendant avec ardeur les intérêts de quelqu'un, d'un groupe. Familier. Chien de quartier, de caserne, adjudant. Comme un chien, le plus mal possible, dans les pires conditions. Comme un jeune chien, de façon étourdie. Coup de chien, tempête subite ; événement inattendu qui frappe brutalement. En chien de fusil, couché en repliant les jambes. Entre chien et loup, à la tombée du jour, au moment où on ne distingue plus les détails. Être d'une humeur de chien, de très mauvaise humeur. Garder, réserver à quelqu'un un chien de sa chienne, déclarer qu'on se vengera, être très rancunier. Mal de chien, grand mal, difficulté extrême. Mourir comme un chien, mourir dans l'abandon ou sans avoir reçu les sacrements de l'Église. Familier. Ne pas attacher son chien avec des saucisses, être très regardant. Ne pas donner sa part aux chiens, tenir beaucoup à sa part ou à ses prétentions sur quelque chose. Ne pas être bon à jeter aux chiens, n'avoir aucun mérite. Nom d'un chien !, juron familier. Familier. Arriver comme un chien dans un jeu de quilles, arriver fort mal. Se regarder en chiens de faïence, se regarder l'un l'autre d'un œil fixe et irrité, en silence. Littéraire. Rompre les chiens, interrompre une conversation embarrassante. Être comme chien et chat, se chamailler sans cesse. Vie de chien, existence dure et misérable. Chien bleu, chien espagnol, chien de mer, noms usuels de divers requins. Chien d'eau, nom usuel de l'hydrocyon. Chien japonais, chien de chasse répandu au Japon. Chien de prairie, rongeur des plaines d'Amérique du Nord, végétarien, vivant en colonies denses et dont le cri ressemble à un aboiement. ● chien (synonymes) nom masculin (latin canis) Mammifère (canidé) carnivore aux multiples races, caractérisé par sa facilité...
Synonymes :
- cabot (familier)
- clébard (populaire)
- clebs (populaire)
- toutou (familier)
Familier. Personne bassement servile ou personne maltraitée et réduite à une...
Synonymes :
- larbin (familier)
Tonnellerie. Outil servant à terminer la fabrication des tonneaux.
Synonymes :
Familier. Avoir du chien
Synonymes :
chien, chienne adjectif et nom Familier. Avare, âpre en affaires. ● chien, chienne (expressions) adjectif et nom De chien, précédé d'un nom, ou chien, chienne de, suivi d'un nom, se dit par dépréciation, mépris, etc. ; très mauvais. ● chien, chienne (synonymes) adjectif et nom Familier. Avare, âpre en affaires.
Synonymes :
- ladre (littéraire)
- pingre (familier)
- radin (familier)
- rapiat (familier)
- rat (familier)
Contraires :
- généreux
- libéral

chien, chienne
n.
rI./r
d1./d Quadrupède domestique (Canis familiaris, Fam. canidés). Chien qui aboie, qui hurle, qui jappe.
Chien savant: chien dressé à faire des tours; par ext., fig., péjor. personne (souvent un enfant) qui répète ce qu'elle a appris à la seule fin de plaire.
(Québec) Péjor. Chien de poche: enfant qui suit toujours ses parents, ou ses frères et soeurs; personne qui fait tout ce que veut un autre.
d2./d Loc. fig. Mourir comme un chien: mourir dans l'abandon.
Mener une vie de chien, une vie misérable.
Entre chien et loup: moment du crépuscule où l'on commence à ne plus reconnaître les objets.
Prov. Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage: on trouve toujours un prétexte quand on veut se débarrasser de qqn, de qqch.
(Québec) Fam. Son chien est mort: il a raté son coup et il ne peut se reprendre.
d3./d Fig., Fam. (En parlant des choses ou des personnes, par dénigrement.) Un temps de chien. Quelle chienne de vie!
|| Terme injurieux. Chien d'Untel!
d4./d Interj., juron Fam. Nom d'un chien!
d5./d Elle a du chien: elle a de l'allure, elle plaît par son piquant.
(Québec) Fam. Avoir du chien dans le corps: avoir beaucoup d'énergie, de détermination.
d6./d ASTRO Le Grand Chien, le Petit Chien: constellations australes.
d7./d n. m. (Mart.) ou n. f. pl. (Belgique, Luxembourg) Frange de cheveux couvrant le front.
|| n. m. pl. (France rég.) Mèche de cheveux retombant sur le front.
rII./r n. m.
d1./d Pièce d'une arme à feu portative, qui assure la percussion de l'amorce de la cartouche. Le chien d'un pistolet.
|| (Par anal. de forme avec le chien d'un fusil.) être couché en chien de fusil, ramassé sur soi-même, les jambes repliées.
d2./d Chien de prairie: petit rongeur d'Amérique du Nord, ainsi nommé en raison de son cri.
Encycl. Les nombreuses races de chiens auraient pour origine commune le loup. On les classe ainsi: chiens de garde et d'utilité: chiens de berger, dogues, saint-bernard, etc.; chiens de chasse: terriers, chiens courants, chiens d'arrêt, lévriers, etc.; chiens de luxe et d'agrément: caniches, pékinois, etc.

I.
⇒CHIEN1, CHIENNE, subst.
I.— [Le chien dans son animalité]
A.— Lang. sc., vx. Genre de mammifères de l'ordre des carnivores digitigrades dont le type est le chien, et qui comprend aussi le loup, le chacal et le renard. Synon. canidés (cf. CUVIER, Leçons d'anat. comp., t. 1, 1805, p. 303).
B.— Cour. Mammifère carnivore très anciennement domestiqué, dressé à la garde des maisons et des troupeaux, à la chasse ou bien élevé pour l'agrément. Un gros chien de garde, un petit chien d'appartement; la fidélité du chien. Une petite chienne follement caressante, à laquelle tout le monde fait fête (E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1884, p. 381). La domestication du chien précède de plusieurs milliers d'années celle des autres animaux domestiques (R.-H. LOWIE, Manuel d'anthropol. culturelle, 1936, p. 53). Il [Raymond] lui a cité des exemples de chiens qui avaient fait des dizaines de kilomètres pour retrouver leur maître (CAMUS, L'Étranger, 1942, p. 1151) :
1. ... j'aperçus dans un coin de la cour un grand homme maigre qui faisait obstinément le simulacre d'appeler un chien imaginaire. Il criait, d'une voix douce, d'une voix tendre : « Cocotte, ma petite Cocotte, viens ici, Cocotte, viens ici, ma belle », en tapant sur sa cuisse comme on fait pour attirer les bêtes.
MAUPASSANT Contes et nouvelles, t. 2, Mademoiselle Cocotte, 1883, p. 809.
2. Le matin j'ouvre au chien et je lui fais manger sa soupe. Le soir je lui siffle de venir se coucher.
RENARD, Poil de Carotte, 1894, p. 102.
P. métaph. :
3. ... chaque fois qu'une voix libre s'essayera à dire, sans prétention, ce qu'elle (...) pense [des problèmes actuels], une armée de chiens de garde de tout poil et de toute couleur, aboiera furieusement pour couvrir son écho.
CAMUS Actuelles I, 1944-48, p. 123.
JOURN. Faire la chronique des chiens écrasés, et p. ell., fam. faire les chiens écrasés. Être chargé de la rubrique des faits divers d'un journal. Je ne suis pas, moi, un rédacteur de chiens écrasés, déclara le jeune Boitabille (G. LEROUX, Le Mystère de la chambre jaune, 1907, p. 13).
SYNT. a) Chien de race, chien bâtard; jeune chien, vieux chien infirme; chien méchant, hargneux; chien enragé, chien fou (rare); chien errant, perdu; chien perdu sans collier (cf. G. CESBRON, Chiens perdus sans collier, Paris, Laffont, 1954). b) Un chien qui aboie, grogne, jappe, hurle (à la lune, à la mort); un chien qui ronge un os; un chien qui fait le beau « qui se dresse sur ses pattes de derrière »; un chien qui lève la patte (fam.) « qui urine »; une odeur de chien mouillé. c) Dressage du chien; chien sauvage; attacher, museler un chien; tenir un chien en laisse (Ac. 1878-1932); lâcher un chien (ou les chiens); siffler un chien (pour le faire venir à soi); faire coucher un chien « lui dire : couche(-toi) »; tondre, caresser un chien. d) Chien d'aveugle, de berger, de trait « attelé au traîneau »; chien policier, sanitaire; chien savant (ou chien dressé, chien de cirque). e) Chien de chasse; chien d'arrêt ou couchant (cf. arrêt I A 1 a); chien courant « qui poursuit le gibier en donnant de la voix »; chien fou « qui s'emporte après le gibier »; valet de chiens « celui qui s'occupe des chiens d'une meute ». Rompre les chiens « les empêcher de suivre la trace d'un animal ». Au fig. Interrompre une conversation dont le sujet est délicat, embarrassant ou dangereux :
4. — « Après tout, il est peut-être indispensable d'être un imbécile pour bien jouer au tennis. »
— « C'est possible. » Elle leva la tête avec impertinence; « vous devez le savoir mieux que personne; vous étiez une excellente raquette, autrefois. » Puis, rompant les chiens, et se tournant vers sa cousine : « Tu ne pars pas encore, petit Nico? »
R. MARTIN DU GARD, Les Thibault, La Belle saison, 1923, p. 921.
Fam., iron. Chien-chien. Petit chien à qui l'on prodigue des soins exagérément délicats :
5. « Je n'aurai plus d'amis, parce qu'on souffre trop quand on les perd »; c'était le mot des vieilles dames, quand trépasse le chien-chien-à-sa-mémère...
MONTHERLANT, Pitié pour les femmes, 1936, p. 1213.
II.— [Le chien comme figure de l'être humain] Expr. usuelles et gén. fam.
A.— [Chien désigne des types humains]
1. [Types sociaux; p. réf. au rôle du chien gardien de maison] Personne exerçant des fonctions de surveillance sous le contrôle d'une autorité supérieure. Chien de caserne, de quartier. Adjudant. Je t'embête? Tu ne disais pas ça, il y a vingt ans, quand j'étais simple chien de quartier à Lunéville (COURTELINE, Les Gaîtés de l'escadron, 1886, p. 54). Chien du commissaire. Secrétaire du commissaire de police (cf. E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1894, p. 517). Chien de cour. Surveillant dans un lycée. Les chiens de cour qui les harcelaient naguère au collège (BALZAC, Œuvres diverses, t. 2, 1850, p. 154).
Vieilli. (C'est un) chien au grand collier. (Celui qui) ,,a le principal crédit dans une compagnie, dans une maison`` (LITTRÉ).
Rem. Attesté ds les dict. gén. du XIXe siècle.
2. [Types moraux ou caractériels; p. réf. au fait que le chien passait pour un animal vil] Personne âpre au gain, dure en affaires. Son oncle était un vieux chien qui lui avait filouté ses bijoux (BALZAC, Eugénie Grandet, 1834, p. 233).
Fam., au fém. Femme sensuelle et sans moralité :
6. — Les fleuristes, murmura Lorilleux, toutes des Marie-couche-toi-là.
— Eh bien! Et moi? reprit la grande veuve, les lèvres pincées. Vous êtes galant. Vous savez, je ne suis pas une chienne, je ne me mets pas les pattes en l'air, quand on siffle!
ZOLA, L'Assommoir, 1877, p. 681.
[En apostrophe] Chien, fils de chien! Injure très méprisante (cf. DU CAMP, Mémoires d'un suicidé, 1853, p. 49). Fils de chienne! (BLOY, La Femme pauvre, 1897, p. 203).
Loc. proverbiales. C'est un beau chien s'il voulait mordre. C'est quelqu'un qui paraît courageux mais ne l'est pas (cf. Ac. 1798-1878). C'est un chien qui aboye à la lune. C'est un présomptueux qui s'attaque inutilement à ce qui est hors d'atteinte (cf. Ac. 1798, 1835).
3. Un homme quelconque. Un chien coiffé ou le premier chien coiffé. Le premier venu, n'importe qui :
7. Mais quand une fille entend se marier, rien ne saurait la tenir : elle prendrait plutôt un chien coiffé que de rester demoiselle.
POURRAT, Gaspard des Montagnes, Le Château des sept portes, 1922, p. 164.
B.— [Chien figure dans des expr. spécifiant un aspect physique, moral ou des comportements humains]
1. Phraséologie (classement sém. : aspects et qualités)
a) [Aspect physique] Un air, des yeux de chien battu; une figure de chien :
8. Voici une photographie (...) M'y trouvez-vous assez noire, assez petite, assez chien perdu, avec ces mains croisées et cet air battu?.
COLETTE, La Vagabonde, 1910, p. 271.
[P. anal. de forme, d'apparence] Cheveux à la chien. Coiffure féminine où les cheveux sont rabattus sur le front en frange lisse. Femmes aux cheveux à la chien peignés sur les sourcils (LOTI, Mon frère Yves, 1883, p. 21). Cheveux en chien fou. Frisés sur le front (cf. MONTHERLANT, Fils de personne, 1943, II, 4, p. 305). Cheveux coupés en oreilles de chien (vieilli). Il portait encore les cheveux coupés en oreilles de chien, à la mode de l'an II (ADAM, L'Enfant d'Austerlitz, 1902, p. 257). Spéc., au plur. Des chiens. Frange lisse de cheveux (cf. G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, Le Jardin des bêtes sauvages, 1934, p. 82).
b) [Aspect moral : défauts] (Être) bête, fou comme un jeune chien.
[En parlant d'une chose pénible, excessive ou d'un être détestable] Chienne de vie! un caractère de chien, un métier de chien. Quel chien de voleur! (CHAMFORT, Caractères et anecdotes, 1794, p. 96). Cette chienne de politique (BERNANOS, Lettres inédites, 1906, p. 1736). Je me donne un mal de chien pour te faire plaisir (PAGNOL, Fanny, 1932, I, 1er tabl., 1, p. 11).
P. ext. Temps de chien. Très mauvais temps. Quel temps de chien! — il pleut, il neige Les cochers transis sur leur siège, Ont le nez bleu (T. GAUTIER, Émaux et camées, 1852, p. 128). Froid de chien :
9. Hier, pendant que la pluie tombait le plus fort, les bourgeois qui habitent en face de moi dînaient sur leur terrasse, à l'abri d'une tente, et il faisait un froid de chien! J'avais du feu!
FLAUBERT, Correspondance, 1869, p. 19.
Rem. On rencontre aussi l'expr. proverbiale un temps à ne pas mettre un chien dehors (cf. E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1890, p. 1263).
Loc. Ne pas attacher son chien avec des saucisses. Être d'une avarice rare. Un de ces bons bourgeois romains qui ne devaient pas, comme de juste, attacher leur chien avec des saucisses (BERNANOS, Journal d'un curé de campagne, 1936, p. 1068). Ne pas jeter sa part aux chiens. Être ardent à défendre ce qui nous revient (cf. Ac. 1798-1932). Avoir été mordu d'un chien (enragé). Être très susceptible (cf. CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 3, 1848, p. 238).
2. Phraséologie (attitudes et comportements, gén. péj.)
a) [P. réf. à l'état de domesticité dans lequel se trouve le chien] (Être) comme un chien à l'attache (cf. attache ex. 7). Se cacher comme un chien malade (AMIEL, Journal intime, 1866, p. 305).
(Se) faire le chien couchant (de qqn). Avoir une attitude obséquieuse :
10. Aussi haut, méprisant et dur avec les hommes qu'il était humble avec le docteur, aussi chien couchant avec l'un que chien hargneux avec les autres, l'infirmier, à juste titre, jouissait de l'exécration générale...
COURTELINE, Le Train de 8 h 47, À l'infirmerie, 1893, I, p. 216.
Être, se faire le chien de qqn. Être réduit à un état de dépendance vis-à-vis de quelqu'un ou se mettre dans cette situation. Que m'importe De n'être que le chien couché devant ta porte (HUGO, La Légende des siècles, La Paternité, t. 4, 1877, p. 690) :
11. Lange (...) la soigna, la guérit, et vous ne sauriez croire quelle ardente gratitude elle lui en a gardée, jusqu'à être son chien, sa chose...
ZOLA, Travail, t. 1, 1901, p. 187.
Rem. On rencontre l'expr. faire le chien dans un sens partic. : faire le chien, c'est faire le marché avec sa bonne (E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1896, p. 1010).
[P. réf. au caractère pénible de la vie des chiens] Parler à qqn comme à un chien, traiter qqn comme un chien. Avec le plus profond mépris. C'est là [au collège] que je l'ai vu [mon père] essuyer en cachette des larmes (...) quand le proviseur lui parlait comme à un chien (J. VALLÈS, Jacques Vingtras, Le Bachelier, 1881, p. 346).
Mener une existence de chien errant (REIDER, Mlle Vallantin, 1862, p. 36).
Mourir, crever comme un chien. Être malade comme un chien (CÉLINE, Voyage au bout de la nuit, 1932, p. 228). Si l'ennemi a l'esprit de tourner le village nous sommes tous prisonniers comme des chiens (STENDHAL, La Chartreuse de Parme, 1839, p. 53). Il tira et abattit le jardinier comme un chien! (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 225).
b) [P. réf. aux aboiements du chien, pour souligner la mésentente entre pers.] Loc. fam.
Arriver, recevoir qqn comme un chien dans un jeu de quilles. Arriver mal à propos, faire à quelqu'un mauvais accueil :
12. De là, chez M. Lefèvre, où je fus reçu comme un chien dans un jeu de quilles. D'abord le faquin convint que M. Leclerc lui avait parlé de moi, puis il ne sut pas ce que je voulais dire.
MICHELET, Journal, 1820, p. 126.
Avoir d'autres chiens à fouetter (ou à peigner). Considérer qu'une personne ou une chose ne mérite aucun intérêt. Synon. usuel avoir d'autres chats à fouetter :
13. ... malgré la campagne de presse, cette malheureuse décoration ne me sera pas retirée. Ces messieurs du Conseil de l'Ordre ont d'autres chiens à fouetter.
G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, Le Combat contre les ombres, 1939, p. 277.
Garder (ou réserver) à qqn un chien de sa chienne. Lui ménager une vengeance :
14. Il [Clemenceau] mit cela dans un coin de sa tête, se promettant bien, le cas échéant, de réserver au matois de Mons-sous-Vaudrey un chien de sa chienne.
L. DAUDET, La Vie orageuse de Clemenceau, 1942, p. 61.
Leurs chiens ne chassent pas ensemble. [En parlant de personnes qui ne s'entendent pas très bien] (Ac. 1798, 1878; LITTRÉ).
S'entendre, vivre comme chien et chat (cf. chat1 II A 4). L'oncle et la tante vivaient en chien et chat animés l'un contre l'autre d'une antipathie instinctive (COURTELINE, La Vie de ménage, L'Escalier, 1890, p. 63).
Se regarder en chiens de faïence. Avec hostilité, en se défiant du regard (cf. ARAGON, Les Beaux quartiers, 1936, p. 96) :
15. Guitry dîne chez Henry, en face de Forain et de Paul Robert, Ils dînent comme des chiens de faïence. Forain et Guitry ont été des camarades de dèche. Aujourd'hui, ces deux hommes gagnent beaucoup d'argent, dînent à 25 francs, se disent à peine bonjour et se méprisent, ...
RENARD, Journal, 1901, p. 635.
c) [P. réf. au caractère supposé des chiens] Agir comme un chien fouetté. De mauvaise grâce. (N'est attesté que ds Ac. 1932). Être fait à qqc. comme un chien à aller à pied (ou nu-tête). S'être accoutumé à quelque chose (cf. Ac. 1798-1878). Faire comme le chien du jardinier qui ne mange point de choux et n'en laisse point manger aux autres. Interdire à autrui l'usage d'un bien dont on ne peut pas jouir soi-même (cf. A. FRANCE, La Vie littéraire, t. 3, 1891, p. 223).
d) [Divers] Nager à la chien, en chien. En ne se servant que des bras. [Poil de Carotte et son frère] oublient leur faim et se mettent à nager en marin, en chien, en grenouille (RENARD, Poil de Carotte, 1894, p. 51).
S'étirer comme un jeune chien (VERNE, Les Enfants du capitaine Grant, t. 1, 1868, p. 141).
3. Loc. (utilisées dans certaines situations)
a) Loc. usuelles
Cela n'est (même) pas bon à jeter aux chiens, cela ne vaut pas les quatre fers d'un chien. Cela n'a aucune valeur, ne jouit d'aucune considération. Aujourd'hui, Wagner, chez ces gens-là, n'est plus bon à jeter aux chiens (ROMAINS, Les Hommes de bonne volonté, La Douceur de la vie, 1939, p. 89) :
16. Jules, qui ne valait pas, comme on dit, les quatre fers d'un chien, devint tout à coup un honnête homme, un garçon de cœur, un vrai Davranche, intègre comme tous les Davranche.
MAUPASSANT, Contes et nouvelles, t. 1, Mon oncle Jules, 1883, p. 415.
Cela n'est pas fait pour les chiens. C'est une chose qu'il ne faut pas jeter, qu'il faut utiliser pour soi. Les tribunaux ne sont pas faits pour les chiens (BERNANOS, Sous le soleil de Satan, 1926, p. 66).
Donner, jeter sa langue aux chiens (ou, plus usuel, aux chats). Renoncer à deviner quelque chose. Tu donnes ta langue au chien... c'est-à-dire que tu renonces, que tu ne devines pas (SUE, Atar Gull, 1831, p. 13).
b) Plus rare. Battre un chien devant le loup (ou le lion). ,,Réprimander une personne inférieure devant une personne supérieure à qui cela doit servir de leçon`` (LITTRÉ); (attesté ds Ac. 1835, 1878). Ce sont deux chiens après un os. Il n'y a pas d'accord possible entre deux personnes qui se disputent le même objet ou aspirent au même poste. (Attesté ds Ac. 1798-1932). C'est une charrue à chiens. Ce sont des associés qui ne s'entendent pas et nuisent ainsi à leur entreprise. (Attesté ds Ac. 1878). Il mourrait plutôt un bon chien de berger. Se dit lorsqu'une personne peu appréciée réchappe d'une maladie (cf. BARRÈS, Mes cahiers, t. 10, 1913-14, p. 13). Il y a trop de chiens après l'os. C'est une entreprise où les participants sont nombreux mais le profit faible (cf. Ac. 1835-1932). Un chien regarde bien un évêque. Nul ne doit s'irriter d'être regardé (cf. MUSSET, Le Chandelier, 1840, I, 2, p. 33).
c) [P. allus. à l'histoire] C'est le chien de Jean de Nivelle, il s'enfuit quand on l'appelle. C'est quelqu'un qui se dérobe quand on a besoin de lui (cf. Ac. 1798-1932). [P. allus. au fait qu'on représente toujours St Roch avec un chien] C'est St Roch et son chien. Ce sont deux personnes inséparables. (Attesté ds la plupart des dict. gén. du XIXe et du XXe s.). [P. allus. à la Bible] C'est un chien qui retourne à son vomissement (cf. Proverbes XXVI, 11). C'est quelqu'un qui retombe dans son péché (cf. MONTHERLANT, Les Lépreuses, 1939, p. 1394).
d) Jurons. Cf. supra II A 2. (Sacré) nom d'un chien. Juron familier (pour éviter de jurer par le nom de Dieu). Vous paierez, nom d'un chien! (G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, Vue de la Terre promise, 1934, p. 164).
4. Proverbes
a) [P. allus. à la Bible] Chien en vie vaut mieux que lion mort (cf. Ecclésiaste IX, 4). La vie est le premier des biens (cf. LECONTE DE LISLE, Poèmes barbares, L'Ecclésiaste, 1878, p. 37).
b) Autres proverbes. Bon chien chasse de race. Les enfants héritent des qualités ou des défauts de leurs parents. Il finira mal, ce garçon-là. Il est bien vrai que bon chien chasse de race (MAUPASSANT, Contes et nouvelles, t. 2, Histoire vraie, 1882, p. 337). Chien hargneux a toujours l'oreille déchirée. Un querelleur s'attire toujours des ennuis. (Attesté ds Ac. 1798-1932). Chien qui aboie ne mord pas. Celui qui crie beaucoup n'est pas le plus à craindre (cf. BERNANOS, Dialogues des Carmélites, 1948, 3e tabl., 2, p. 1615). Il n'est de chasse que de vieux chiens. L'expérience acquise au cours des années ne se remplace pas. (Attesté ds Ac. 1835-1932). Il ne faut point se moquer des chiens qu'on ne soit sorti du village. ,,Il faut se mettre à l'abri du danger avant de s'en moquer`` (Ac. 1798-1932). Il vaut autant être mordu d'un chien que d'une chienne. Il n'y a pas à choisir entre deux solutions également mauvaises (cf. Ac. 1835, 1878). Jamais à bon chien il ne vient bon os. Le succès ne récompense pas toujours celui qui le mérite (Ac. 1835, 1878). Pendant que le chien pisse, le loup s'en va. La moindre hésitation fait perdre une bonne occasion (cf. Ac. 1798-1878). Qui m'aime aime mon chien. ,,Quand on aime quelqu'un, on aime tout ce qui lui appartient`` (LITTRÉ); (cf. également Ac. 1798-1932). Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage. On trouve toujours un prétexte quand on est décidé à se débarrasser de quelqu'un ou de quelque chose (cf. BREMOND, Hist. littér. du sentiment relig. en France, t. 3, 1921, p. 561).
III.— [P. anal. de forme, d'apparence; chien désignant des êtres autres qu'humains ou des inanimés]
A.— HIST. NAT., pop. Chien de mer, chiendent.
B.— HABILL. Collier de chien. Ruban, généralement en velours, ou collier exactement adapté à la taille du cou :
17. Un collier de chien, carcan de quatorze rangs, palissé de barrettes en brillants, parlait de fanons ridés, de tendons d'aïeules, peut-être d'écrouelles...
COLETTE, Gigi, 1944, p. 138.
C.— ALIM., pop. Chien chaud. Sandwich comportant une saucisse chaude.
D.— BÂT. Chien-assis.
E.— TECHNOL. Chien (de fusil). ,,Pièce qui tient la pierre à feu dans les armes anciennes, ou qui frappe la cheminée garnie d'une capsule dans les armes à percussion`` (LELOIR 1961). Un vieux fusil à chien (RAMUZ, La Grande peur dans la montagne, 1926, p. 83). Armer le chien (ABOUT, Le Roi des montagnes, 1857, p. 209).
P. métaph. :
18. Tous nos héroïsmes viennent de nos femmes. Un homme sans femme, c'est un pistolet sans chien; c'est la femme qui fait partir l'homme.
HUGO, Les Misérables, t. 2, 1862, p. 457.
Au fig. [Le suj. désigne une pers.] (Dormir, être couché) en chien de fusil. Replié sur soi-même, les genoux ramenés vers le ventre :
19. Tu me parais un peu dégoûté du pays; mais il y aura une manière de ne pas trop s'apercevoir de ses désagréments. Ce sera de rester à fumer sur le perron, de bavarder à tort et à travers entre nous, et de dormir en chien sur le grand canapé du salon.
G. SAND, Correspondance, t. 1, 1812-76, p. 272.
F.— Fam. Division populaire de la journée. Entre chien et loup. À l'heure crépusculaire où l'on ne fait pas de distinction entre un chien et un loup, où les objets se confondent. Ils sortaient seulement avant l'aube, juste à peine une heure ou deux entre chien et loup... au tout petit matin (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 615).
Rem. On rencontre l'emploi subst. : Rares sont les poètes qui dédaignent ce chien et loup, cette pénombre à surprises (COCTEAU, La Fin du Potomak, 1940, p. 97).
G.— Arg. Chien ou sacré-chien. Eau-de-vie. Donnez-lui une goutte de sacré-chien, (...) s'il n'est pas encore bien loin dans l'autre monde, il reviendra pour y goûter (BRILLAT-SAVARIN, Physiol. du goût, 1825, p. 135).
Coup de chien. Tempête soudaine et, p. ext., émeute, soulèvement. Le spectre du coup de chien ou seulement des « manifestations inopportunes » (...) hantait [les gardiens] (H. BAZIN, Le Bureau des mariages, 1951, p. 113).
Rem. 1. Attesté ds ROB., Lar. encyclop., Lar. Lang. fr. 2. On rencontre chez Zola (L'Assommoir, 1877, p. 388) du chien au sens de « coup fort et violent » : C'est du chien, ça! s'écria Madame Boche, émerveillée de la rudesse des coups de battoir.
Piquer un chien. Faire un somme :
20. « ... ce que c'est bon (...) d'allumer une pipe, en buvant son café arrosé d'un caramel à l'eau-de-vie, et de piquer un chien en face l'un de l'autre (...) oh! un tout petit chien, le temps de laisser passer le gros de la digestion... »
A. DAUDET, Sapho, 1884, p. 188.
Avoir du chien
1. [En parlant d'une femme] Avoir un charme quelque peu provocant, être attirante. À Paris dès qu'une femme dit qu'elle est belle, qu'elle a du chic, du zinc ou du chien, tout le monde la croit sur parole et prend feu (MÉRIMÉE, Lettres à Madame de Beaulaincourt, 1870, p. 35).
2. P. ext. [En parlant d'une chose] C'est aussi la chapelle nocturne que je connais le mieux (...) Elle a plus de chien, plus d'âme et plus de résonance (FARGUE, Le Piéton de Paris, 1939, p. 25).
3. Vx. [En parlant d'un artiste et, en partic. d'un comédien] Faire preuve d'un talent brillant (cf. ZOLA, Nana, 1880, p. 1330).
Rem. V. en outre supra II B 1 a des chiens « cheveux ».
Prononc. et Orth. :[], fém. []. -ien final se prononce [] et non [] sous l'influence combinée de la palatale i et du segment consonantique nasal (n) qui empêchent l'ouverture de () en (); à ce sujet cf. G. STRAKA, Remarques sur les voyelles nasales, leur orig. et leur évolution en français, R. Ling. rom., t. 19, 1955, p. 258. Cf. aussi BUBEN 1935, § 94. Tous 2 rappellent la tendance pop. à prononcer chian à partir du XVe s. Mais cette tendance est freinée par les grammairiens et l'ouverture > ne l'emporte que dans le mot très pop. fiente []. Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1100 chen zool. (Roland, éd. Bédier, 30); loc. a) 1re moitié XIIIe s. entre chien et leu (HUGUES PIAUCELE, D'Estourmi, 90 ds Fabliaux, éd. Barbazan et Méon, t. 4, p. 455); b) 1675, 4 déc. bon à jeter aux chiens (Ch. de Sévigné ds Lettres de Mme de Sévigné, éd. Monmerqué, t. 4, p. 261); c) 1690 s'accorder comme chien et chat (FUR.); d) 1694 venir comme un chien dans un jeu de quilles (Ac.); e) 1828-29 arg. je lui garde un chien de ma chienne (F. VIDOCQ, Mémoires de Vidocq, t. 3, p. 150); f) 1874 arg. des journalistes faire les chiens perdus, noyés (E. BOUTMY, Les Typographes parisiens, p. 37); 1881 les chiens écrasés (L. RIGAUD, Dict. de l'arg. mod., p. 94); 2. 1195-1200 péj. emploi adj. (Renart, 28563 ds T.-L. : Ja ne seré ore si chiens); 1223 id. subst. en parlant d'un homme (G. DE COINCY, Mir. de Notre Dame, éd. F. Koenig, II, Mir. 12, 62); 1552 de chien expr. méprisante (RABELAIS, IV, 64 ds HUG.); 1690 une vie de chien (FUR.); 1834 « personne âpre, dure en affaires » (BALZAC, Eugénie Grandet, p. 233 : son oncle était un vieux chien qui lui avait filouté ses bijoux); 3. p. allus. au rôle de gardien et de surveillant, exercé par le chien 1768 arg. des lycées chien de cour « surveillant » (collège du Plessis, Paris ds ESN.); ca 1840 chien du commissaire « agent de commissariat qui invite les commerçants à balayer devant leur boutique » (ESN.); 1858 chien de régiment (LARCH., p. 450); 1881 chien du quartier « adjudant sous-officier » (L. RIGAUD, loc. cit.); 4. 1866 avoir du chien « avoir de l'élégance, du brillant, de l'aplomb (d'une femme) » (É. VILLARS, Les Précieuses du jour, p. 12); 1866 « id. (d'une langue) » (DELVAU); 5. 1838 piquer son chien « faire un somme » (La Journée du conscrit ds E. TITEUX, Saint-Cyr et l'École spéc. milit. en France, p. 654). B. P. anal. 1. 1re moitié XIIIe s. chien de mer « petit requin » (HUGUES PIAUCELE, De sire Hain et de Dame Anieuse, 57 ds Fabliaux, éd. Barbazan et Méon, t. 3, p. 582); 2. av. 1577 astron. avant-chien (R. BELLEAU, Petites Inventions, Election de sa demeure [I, 81] ds HUG., s.v. avant-chien); 1690 grand chien (FUR.); 3. av. 1630 « pièce coudée d'une arme à feu qui vient frapper l'amorce pour l'enflammer » (D'AUB., Vie, XLI ds LITTRÉ); d'où 1866 dormir en chien de fusil (DELVAU, p. 118); 4. 1704 diverses acceptions techn. (Trév.). Du lat. class. canis aux sens propre et fig. et comme terme péj. appliqué à une pers.; (TLL s.v., 258, 21 sqq.); B 1 canis marinus; B 2, Canis désignant la Canicule.
BBG. — BERNELLE (A.). Le Chien. Vie Lang. 1961, pp. 155-156. — DAUZAT (A.). Chien coiffé. Fr. mod. 1941, t. 9, p. 94; 1942, t. 10, pp. 20-21. — DUCH. Beauté 1960, p. 76. — GOTTSCH. Redens. 1930, passim. — HASSELROT 1957, p. 218. — LEBEL (P.). Balai et balayures ds les pat. de la Côte d'Or. Mém. de la Commission des antiq. du département de la Côte d'Or. 1938/39, t. 21, p. 515. — MILLEPIERRES (F.). Philol. du chien. Vie Lang. 1968, pp. 2-8. — RIGAUD (A.). Le Temps et son chien. Déf. Lang. fr. 1965, n° 28, pp. 9-11. — ROG. 1965, passim. — SAIN. Lang. par. 1920, passim. — SAIN. Sources t. 1 1972 [1925], p. 64, 211. — SAINÉAN (L.). Les N. rom. du chien et leurs applications métaph. Mém. de la Soc. de Ling. 1906/1908, t. 14, pp. 210-275. — TOURNEMILLE (J.). Au jardin des loc. fr. Vie Lang. 1953, pp. 247-248; 1954, p. 161; 1956, p. 291; 1965, p. 83.
II.
⇒CHIEN2, CHIENNE, adj.
Familier
A.— Qui est dur, malveillant. Prendre sa tête la plus chienne (E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1851-96, p. 36). Je suis disposé à être rébarbatif, chien et insociable (FLAUBERT, Correspondance, 1869, p. 65).
Rem. Cf. également du chien (s.v. chien1 III G rem.).
B.— Qui est âpre au gain, avare. À propos de galette, M. Rezeau est horriblement chien (H. BAZIN, La Mort du petit cheval, 1949, p. 49) :
Elle était à moi, cette bague; madame me l'avait donnée, madame n'est pas chienne comme vous... vous n'avez pas honte, de laisser votre pauvre femme sans un sou!
ZOLA, La Conquête de Plassans, 1874, p. 1071.
Prononc. et Orth. :[], fém. []. Étymol. et Hist. Cf. chien1.
STAT. — Chien1 et 2. Fréq. abs. littér. Chien : 8 180. Chienne : 498. Fréq. rel. littér. Chien : XIXe s. : a) 8 043, b) 13 773; XXe s. : a) 14 022, b) 12 112. Chienne : XIXe s. : a) 179, b) 603; XXe s. : a) 1 201, b) 918.
DÉR. Chiennement, adv. a) [Correspond aux sens A et B et à chiennerie B]D'une manière avare, parcimonieuse. Je m'efforce de bien faire, quoique je sois chiennement payé (BLOY, Journal, 1893, p. 95). b) [Correspond aux sens A et B et à chiennerie B]D'une façon luxurieuse. Même en plein jour, il avait fallu subir leurs grognements, leurs bruyantes pâmoisons, leurs soupirs et les gémissements réitérés de leurs vomitives luxures. Car ils ne fermaient pas leur fenêtre et s'ébattaient chiennement derrière une jalousie (BLOY, La Femme pauvre, 1897, p. 269).
Rem. On rencontre ds la docum. l'adj. chiennant (en parlant d'une dépense d'argent) « dur, pénible », qui plutôt que dér. de chienner, est formé à partir de chien2 B. Voici une conversation de rouliers (...) J'ai envie d'aller à Saint-Quentin. — Saint-Quentin! tu mangeras plus de soixante-dix francs sur cette route-là (...) C'est chiennant, vraiment chiennant, là, quoi! (HUGO, France et Belgique, 1885, p. 129). 1re attest. de chiennement 1893, supra; de chien2, suff. -ment2. Fréq. abs. littér. : 5.

chien, chienne [ʃjɛ̃, ʃjɛn] n.
ÉTYM. 1080, chen; du lat. canis.
———
I
A
1 Mammifère domestique (Carnivores; Canidés), d'une espèce dont il existe de nombreuses races (→ ci-dessous) élevées pour remplir certaines fonctions auprès de l'homme; individu et, spécialt, mâle (opposé à chienne) et adulte (opposé à chiot, petit) de cette espèce. Canin, et préf. cyn(o)-. || Un chien, une chienne. fam. Cabot, chienchien, toutou; clébard, clebs. || Chien de race; chien bâtard. || Chiens perdus sans collier (par métaphore, titre d'un roman de G. Cesbron). || Un grand chien, un petit chien. || Un jeune chien. || Un vieux chien. || Chien errant, trouvé. || Chien savant, dressé. || Chien méchant.N. m. (Collectif). || Le chien, ami, compagnon fidèle de l'homme.REM. On emploie le masc., un chien, chaque fois que le sexe n'est pas pertinent ou qu'on l'ignore. Dans les syntagmes (chien de garde, de chasse, d'agrément…), le fém. semble rare.
1 Cependant l'Exaudiat avançait toujours chemin, lorsque dix ou douze chiens, qui suivaient une chienne de mauvaise vie, vinrent à la suite de leur maîtresse se mêler parmi les jambes des musiciens (…)
Scarron, le Roman comique, I, XV.
2 Le chien est le seul animal dont la fidélité soit à l'épreuve; le seul qui entende son nom et qui reconnaisse la voix domestique.
Buffon, Hist. nat. des animaux, Le chien.
3 Le Chien meurt en léchant le maître qu'il chérit.
Voltaire, Discours en vers sur l'homme, IV.
4 Les plus zélés partisans du chien doivent confesser que cet animal a de l'audace dans les yeux; que plusieurs sont hargneux; qu'ils mordent quelquefois des inconnus en les prenant pour des ennemis de leurs maîtres (…) Ce sont là probablement les raisons qui ont rendu l'épithète de chien une injure (…)
Voltaire, Dict. philosophique, Chien.
5 On dit que, lorsqu'on rencontre un chien furieux, si on a le courage de marcher gravement, sans se retourner, et d'une manière régulière, le chien se contente de vous suivre pendant un certain temps en grommelant entre ses dents; tandis que, si on laisse échapper un geste de terreur, si on fait un pas trop vite, il se jette sur vous et vous dévore; car, une fois la première morsure faite, il n'y a plus moyen de lui échapper.
A. de Musset, la Confession d'un enfant du siècle, I, II.
6 Le chien (…) est un animal religieux. Sauvage, il adore la lune et les clartés flottantes sur les eaux. Ce sont ses dieux, et il leur adresse, la nuit, de longs hurlements. Domestique, il se rend favorables, par ses caresses, les génies puissants qui disposent des biens de la vie, les hommes.
France, l'Anneau d'améthyste, VI, Œ., t. XII, p. 102.
7 On y est accueilli par de braves chiens aux yeux de reconnaissance tendre, d'humbles chiens de rue (…)
Loti, Suprêmes visions d'Orient, I, p. 18.
Relatif au chien. Canin. || Exposition de chiens. || Généalogie d'un chien. Pedigree. || Accouplement du chien et de la chienne. Chaleur (être en chaleur), chasse (être en chasse); chienner. || Croiser des chiens. Mâtiner. || Petit du chien. Chiot. || Une portée de petits chiens. || Cri du chien. Aboyer (cit. 1), clabauder, clatir, glapir, gronder, hurler (à la lune, à la mort), japper. || Chien qui fait le beau, happe le morceau qu'on lui jette, lèche. || Le chien lape sa soupe. || Odorat, flair du chien.Art de chasser avec des chiens. Cynégétique, vénerie.
8 Le chien ne perd pas l'objet de sa poursuite; il voit, de l'odorat, tous les détours du labyrinthe, toutes les fausses routes où on a voulu l'égarer.
Buffon, Hist. nat. des animaux, Le chien.
9 Les hommes en général ressemblent aux chiens qui hurlent quand ils entendent de loin d'autres chiens hurler.
Voltaire, Fragments historiques, III.
10 Les chiens au chenil aboyèrent tous, et l'éclat de leurs voix retentissait sans qu'il parût personne.
Flaubert, Mme Bovary, III, VIII.
Robe, soie, poil long ou ras d'un chien. || Couleur du dos d'un chien. Mantelure. || Chien truité, marqueté, tacheté. || Gueule, museau du chien. || Canines, crocs du chien. Dentée, morsure. || Oreilles droites ou tombantes d'un chien. || Nez du chien. Truffe. || Queue de chien en balai, en trompette, en fouet. || Chien puni qui se sauve la queue entre les jambes, la queue basse, l'oreille basse. || Chien dont on a coupé la queue et les oreilles. Courtaud; essoriller. || Pattes du chien. || Chien à jambe droite, à jambe torse. || Chien à grosses pattes. Pataud, pattu. || Ergot du chien. Éperon. || Chien épointé, dont l'os de la cuisse est cassé. || Jarret du chien.
11 (…) un petit chien tout parfumé, d'une beauté extraordinaire, des oreilles, des soies, une haleine douce, petit comme Sylphide, blondin comme un blondin (…)
Mme de Sévigné, 467, 13 nov. 1675.
12 (…) puis les chiens tout suants, avec des langues jusqu'à terre (…)
Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin, « Installation », p. 10.
13 C'était un grand chien des hautes terres, à longs poils, avec des crocs durs et un air de franchise au combat qui rassurait.
H. Bosco, l'Âne Culotte, p. 162.
Dressage, élevage, traitement du chien, des chiens. || Chien attaché ( Accouple, chaîne, harde, laisse; collier, muselière). || Les chiens sont muselés (cit. 1). || Logement du chien. Chenil, loge, niche. || Mettre un chien à la fourrière. || Museler, démuseler un chien. || Siffler un chien pour le faire venir. || Faire coucher un chien. || Donner la soupe, la pâtée à un chien. || Le chien ronge son os. || Pains de chiens. Creton. || Épucer, essoriller, tondre un chien. || Tondeur de chiens. || Caresser un chien.
14 Comment ! disait-il en son âme,
Ce chien, parce qu'il est mignon,
Vivra de pair à compagnon
Avec monsieur, avec madame,
Et j'aurai des coups de bâton ?
La Fontaine, Fables, IV, 5.
15 Jusqu'au chien du logis il s'efforce de plaire.
Molière, les Femmes savantes, I, 3.
16 Il en usa comme les dresseurs de chiens : il employa la faim, la bastonnade (…)
Saint-Simon, Mémoires, 231, 87.
17 (…) les bons chiens qu'on était habitué à voir rôder partout, inoffensifs et courtois, toujours si touchés de la moindre caresse.
Loti, Suprêmes visions d'Orient, I, p. 20.
N. m. || Chien de chasse, sélectionné et éventuellement dressé pour la chasse. || Femelle du chien de chasse. 3. Lice. || Action du chien à la chasse. Arrêter, barrer, bourrer, brailler, 1. briller, chasser, curée, flairer, halener, piller, quêter, quoailler, rabattre.Ameuter, coupler, découpler, harder, déharder, relayer les chiens. || Rompre les chiens (→ ci-dessous, fig.). || Appuyer, effiler, exciter, rebaudir les chiens. || Valet de chiens. Piqueur; → Piqueux, cit. || Voiture pour transporter les chiens de chasse. Dog-cart. || Meute, harde, houraillis de chiens.Chien couchant, chien d'arrêt, qui lève le gibier en plaine et le ramène quand il est abattu. || Chien qui chasse à vue, par l'odorat. || Chien qui va le nez au vent. Flairer. || Chien courant, qui donne de la voix quand il est sur la piste du gibier. → Piste, cit. 2. — Chien ratier.Vx. || Chiens dévorants.
18 Des lambeaux pleins de sang, et des membres affreux
Que des chiens dévorants se disputaient entre eux.
Racine, Athalie, II, 5.
19 Le caractère naturel du Français est composé des qualités du singe et du chien couchant. Drôle et gambadant comme le singe, et dans le fond très malfaisant comme lui; il est, comme le chien de chasse, bas, caressant, léchant son maître qui le frappe, se laissant mettre à la chaîne, puis bondissant de joie quand on le délie pour aller à la chasse.
Chamfort, Maximes et pensées, III, p. 87.
20 Gondran passe sa bêche dans la courroie du carnier et se charge. Au bas des escaliers, il siffle son chien. Labri, qui dormait sous un rosier, sort, s'étire, bâille, renifle la besace, suit, et Gondran écoute joyeusement le grignotis des petites pattes onglées, derrière lui.
J. Giono, Colline, p. 45.
21 Une heure plus tard il est seul dans le bois, bien seul, suivant Acteur (le chien) qui mène, la truffe au ras des feuilles mortes. Le chien, à cinq mètres devant, raidit à plein collier la longue laisse de cuir; et Daguet (le piqueur), cependant, un peu incliné en arrière, le maintient d'une poigne tranquille, tandis que derrière lui, bien en vue, il espace les brisées.
M. Genevoix, Forêt voisine, IX, p. 116.
Chien d'agrément. || Chien d'appartement. || Chien de manchon : très petit chien, que les femmes pouvaient abriter dans leur manchonChien de garde (→ Paisible, cit. 9). || Le chien de garde veille ( Cerbère). || Lâcher les chiens. || Chien guidant un aveugle. || Chien d'aveugle. || Chien policier. || Chiens de surveillance. || Chiens de l'armée. || Chiens militaires.Maître de chien, chargé du dressage et de l'emploi d'un chien. Maître-chien.Chien sanitaire. || Chien de trait, qu'on attelle au traîneau. || Chiens groenlandais, esquimaux. || Chien de berger surveillant son troupeau.
22 Il était un berger, son chien et son troupeau.
Quelqu'un lui demanda ce qu'il prétendait faire
D'un dogue de qui l'ordinaire
Était un pain entier (…)
La Fontaine, Fables, VIII, 18.
23 Mais le plus touchant encore ce sont les chiens, ces braves chiens de berger, tout affairés après leurs bêtes et ne voyant qu'elles dans le mas.
Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin, « Installation », p. 11.
Maladies du chien. Hydrophobie, rage; gale, rouvieux, tique. || Blessures du chien. Aggravée, butture, décousure. || Un chien pelé, galeux.
24 Un vieux chien, galeux, infirme, qui pataugeait dans les flaques de cambouis (…)
Martin du Gard, les Thibault, t. II, p. 255.
Races, types de chiens. Airedale, barbet, basset, beagle, berger, bichon, bleu (d'Auvergne), bouledogue, 2. boxer, braque, 3. briquet, bull-terrier, caniche, carlin, chou-pille, chow-chow, clabaud, cocker, colley, corniaud, dalmatien, danois, doberman, dogue, épagneul, fox-hound, fox-terrier, griffon, havanais, houret, king-charles, levrette, lévrier, limier, loulou, malinois, mastiff, mâtin, pékinois, pointer, poitevin, ratier, retriever, roquet, saint-bernard, setter, shetland, skye-terrier, sloughi, teckel, terre-neuve, terrier, vautre.
REM. La nomenclature des races de chiens est plus abondante, elle comprend de nombreux emprunts (notamment des anglicismes) et des syntagmes formés avec chien ou avec le nom d'une race (berger, lévrier…). On classe les chiens en groupes : chiens de berger, chiens de garde et de protection, chiens de trait, terriers, teckels, chiens courants, chiens de chasse et chiens d'arrêt, chiens d'agrément et de compagnie, lévriers. — Les chiens de chasse (au sens large) se divisent en chiens d'arrêt, chiens courants, chiens d'équipage, chiens quêteurs, chiens rapporteurs et chiens de terrier.
(1690). || Le Grand Chien, le Petit Chien (constellations). Canicule.
2 Tout animal de l'espèce des Canidés. || Chien, chienne sauvage. Dingo, otocyon.
tableau Noms de mammifères.
B (Emplois fig.). N. m. (sauf au sens 4.,chienne est possible).
1 (1866). Fig. Charme, attrait (surtout des femmes). Elle a du chien. Allure; → Piment, cit. 5.
25 (…) l'habit bleu lui donnait beaucoup de chien.
G. Duhamel, Récits des temps de guerre, XXXVI, p. 135.
25.1 La jeune personne à laquelle je pense est d'une bonne et ancienne maison de l'Artois (…) Brune, belle, et même mieux que belle : elle a du chien.
M. Yourcenar, Archives du Nord, p. 284.
2 (1883). À la chien. || Coiffure, cheveux à la chien, avec une frange lisse disposée sur le front. || Se coiffer à la chien.
25.2 La femme du jeune notaire d'X… n'avait pas froid aux yeux. Elle se permettait les décisions brusques et gamines d'une femme qui copiait les robes de « ces dames du château », chantait en s'accompagnant elle-même et portait les cheveux à la chien.
Colette, la Maison de Claudine, p. 105.
25.3 Nous avions treize, quatorze ans, l'âge du chignon prématuré, de la ceinture de cuir bouclée au dernier cran, du soulier qui blesse, des cheveux à la chien qu'on a coupés (…) à l'école, pendant la leçon de couture, d'un coup de ciseaux à broder.
Colette, la Maison de Claudine, Ybanez est mort, éd. L. de Poche, p. 111-112.
Loc. Vx. Oreilles (cit. 41) de chien (mèches plates).
3 Loc. || De chien.Avoir, éprouver un mal de chien : rencontrer bien des difficultés.Un métier, un travail de chien, très pénible. — ☑ Vie de chien, misérable, difficile.Temps de chien : très mauvais temps, temps détestable. — ☑ Loc. Il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors, un temps exécrable.Quel chien de temps ! Sale.Chienne de vie !
26 Et il me faut reconnaître, sinon par expérience personnelle, du moins par raisonnement, que cette chienne de vie (le mot est de Madame de Sévigné) a quelquefois du bon, bien que je ne m'en sois pas aperçu.
France, la Vie en fleur, XXVIII, p. 319.
27 Travellini sortit de la pluie avec sa gravité habituelle, et, sans manifester le moindre étonnement de nous rencontrer, par ce temps de chien, dans ces lieux de désolation, il nous parla (…)
H. Bosco, Un rameau de la nuit, II, p. 54.
27.1 Père Ubu : Ah ! le chien de temps, il gèle à pierre fendre et la personne du Maître des Finances s'en trouve fort endommagée.
A. Jarry, Ubu roi, IV, 5 (1896).
Mar. Coup de chien : coup de gros temps (grain, coup de vent, etc.).
27.2 Il (…) se posait en homme dangereux (…) disait qu'il fallait guillotiner la moitié de ces gredins (les hommes politiques) et déporter l'autre moitié « au prochain coup de chien ».
Zola, le Ventre de Paris, t. I, p. 95.
4 Péj. (et terme d'injure). Vx, littér. ou allus. hist. Personne méprisable. Canaille. || Ah, le chien, la chienne ! Chienne, II., 1.
28 Je suis un chien, un traître, un bourreau détestable (…)
Molière, l'Étourdi, V, 6.
Chien de… || Chiens de chrétiens ! (formule prêtée aux musulmans). || Fils de chien !
29 Je te ferai changer de note, chien de philosophe enragé.
Molière, le Mariage forcé, 5.
30 (…) ce chien de tailleur-là (…)
Molière, le Bourgeois gentilhomme, II, 4.
31 Il en sort tous les jours de nouveaux, de ces chiens d'Allemands, de leur damnée forteresse.
A. de Musset, Lorenzaccio, I, 2.
31.1 Si je n'avais pas fait l'enfant tout à l'heure (…) j'aurais encore deux coups à tirer, alors qu'il ne m'en reste qu'un, se dit-il (…) désormais je ne peux tirer qu'un seul de ces chiens.
J. Giono, le Hussard sur le toit, p. 103.
(En emploi adjectif). Mod. Dur, méchant; avare. || C'est un bon bougre, il n'est pas trop chien.Rare. || Elle est un peu chienne.« Prendre sa tête la plus chienne », dure, revêche (Goncourt, in T. L. F.).
31.2 Ah ! non, pour sûr, ces rapiats n'étaient pas larges des épaules, et toutes ces manigances venaient de leur rage à vouloir paraître pauvres. Eh bien ! On leur donnerait une leçon, on leur prouverait qu'on n'était pas chien.
Zola, l'Assommoir, t. I, p. 258.
31.3 Comme le garçon avait l'air d'hésiter, la chanteuse dit :
Oui, allez, ce n'est pas pour la boîte, ça. C'est moi qui paie.
Et elle ajouta :
Ce qu'ils peuvent être chiens, ici !
M. Druon, les Grandes Familles, II, IV, p. 63.
Loc. mod. Chien de quartier : adjudant ( Cabot). — ☑ Le chien du commissaire : le secrétaire du commissaire de police.
Traiter (qqn) comme un chien, très mal, sans égard ni pitié.
32 Pour ses employés, pour ses domestiques, et ils sont nombreux, il les traite comme des chiens et les décourage toujours.
G. Duhamel, Chronique des Pasquier, VIII, V, p. 332.
Tuer qqn comme un chien, de sang-froid, sans aucune pitié.
33 Cet homme a été mon ami; aujourd'hui je ne me ferais aucun scrupule de le tuer comme un chien.
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, I, V.
Mourir comme un chien, sans soin, sans secours, abandonné.Enterrer qqn comme un chien, sans aucune cérémonie.
33.1 Alors, stupide, il s'arrêta (…) Une grande lâcheté l'envahissait (…) À cette heure, il était seul, il pouvait crever, sur le pavé, comme un chien perdu.
Zola, le Ventre de Paris, t. I, p. 50.
Fig. (argot hippique). Cheval de course de très mauvaise qualité, sans valeur. → Veau, II., 2.
Loc. fig. et fam. C'est (ce sera) le chien pour… : on a (on aura) du mal à…
33.2 Mais c'est plutôt le chien pour trouver un coin tranquille. Partout si fréquenté de nos jours.
Aragon, Blanche…, I, I, p. 14.
5 Loc. fig. Garder à qqn un chien de sa chienne, lui garder rancune et se promettre de se venger de lui. — ☑ Leurs chiens ne chassent pas ensemble. → Chasser.
Recevoir qqn comme un chien dans un jeu de quilles, le recevoir très mal.Arriver, venir comme un chien dans un jeu de quilles, mal à propos.
34 J'ai maintes fois remarqué que vous aviez un fâcheux penchant à vous jeter étourdiment dans les entretiens sérieux comme un chien dans un jeu de quilles.
France, la Rôtisserie de la reine Pédauque, Œ., t. VIII, p. 17.
Se regarder en chiens de faïence, se considérer avec méfiance.
34.1 Chacun s'était assis avec les siens, en deux groupes séparés, les guérilleros d'un côté, les militants de la ville de l'autre (…) On commençait à se regarder en chiens de faïence.
Régis Debray, l'Indésirable, p. 269.
Rompre les chiens : interrompre un entretien mal engagé.
35 (…) craignant des questions plus précises (…) il rompit délibérément les chiens.
Martin du Gard, les Thibault, t. III, p. 188.
S'entendre, vivre comme chien et chat, en se disputant constamment (→ Chat).
36 Bien ensemble, maman et la Bonne-Mère ? (…) Comme chien et chat, oui !…
Loti, Ramuntcho, I, VII, p. 85.
Ne pas être bon à jeter aux chiens : ne pas valoir grand-chose.On dit dans le même sens, ne pas valoir les quatre fers d'un chien : ne rien valoir (les chiens n'ayant pas de fers, à la différence des chevaux). — ☑ Vx. Agir comme un chien fouetté, de fort mauvaise grâce. — ☑ Jeter, donner sa langue au chien (cf. Donner sa langue au chat, plus cour.). — ☑ Avoir du crédit comme un chien à la boucherie : n'avoir aucun crédit.Cela n'est pas fait pour les chiens, on peut, on doit s'en servir, l'utiliser.
36.1 J'oubliais un détail typique : la fruitière de madame la capitaine vint donner cette note de morale : — C'est le devoir de tous les honnêtes gens de prévenir le mari quand il est ridicule : le divorce n'est pas fait pour les chiens !
Goron, l'Amour à Paris, t. I, p. 48.
Être comme un chien à l'attache : n'avoir aucune liberté.
Faire le chien couchant : être flatteur, obséquieux, lâche, veule.
37 On se trompait; on en fut pour les frais de courage : on avait compté sur ma platitude, sur mes pleurnicheries, sur mon ambition de chien couchant, sur mon empressement à me déclarer moi-même coupable, à faire le pied de grue auprès de ceux qui m'avaient chassé : c'était mal me connaître.
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, III, IX.
38 (…) pourquoi ne se rebiffe-t-il pas davantage, au lieu de prendre ces airs de chien couchant ?
Proust, À la recherche du temps perdu, t. X, p. 113.
Faire le jeune chien; être bête comme un jeune chien, être étourdi, folâtre, par analogie avec les mouvements désordonnés des jeunes chiens. || Faire le chien fou, le chien enragé.
Le chien-chien à sa mémère (allus. au langage bêtifiant adressé aux chiens).
Avoir un caractère de chien, un mauvais caractère.
39 Il a un caractère de chien, mais les autres n'ont pas de caractère du tout.
A. Maurois, Terre promise, XXII, p. 147.
C'est un chien qui aboie à la lune, en parlant d'une personne présomptueuse.Les chiens aboient, la caravane passe.Faire comme le chien du jardinier qui ne mange pas de choux et ne laisse pas les autres en manger : empêcher autrui d'utiliser ce qui lui rendrait service, mais dont on ne veut pas.
Entre chien et loup : au crépuscule, quand la nuit commence à tomber et que l'on ne saurait distinguer un chien d'un loup. Cf. la féminisation (emploi d'auteur) : Entre chienne et louve, titre d'un ouvrage de M. Perrein.
40 Je crains l'entre chien et loup quand on ne cause point (…)
Mme de Sévigné, 467, 13 nov. 1675.
40.1 Le Point-du-jour : quartier au nom qui pourrait susciter l'image plutôt riante de l'approche de l'aurore, mais auquel le mépris qu'avaient en ce temps-là les gens d'Auteuil pour ce quartier plus pauvre que le leur contribuait à donner une allure indécise d'entre chien et loup, une teinte de grisaille légèrement patibulaire.
Michel Leiris, Biffures, p. 33.
Littér. Entre loup et chien : à l'aube.
40.2 On atteignait l'heure entre loup et chien où les gens sensibles se confient, où les criminels avouent, où les plus silencieux eux-mêmes luttent contre le sommeil à coup d'histoires ou de souvenirs.
M. Yourcenar, le Coup de grâce, p. 135.
Interj. || Nom d'un chien ! juron familier. → Nom, cit. 26.
40.3 Oh ! nom d'un chien de nom d'un chien ! y va s'étaler dans le fromage (…)
Courteline, les Gaîtés de l'escadron, p. 75.
Merci, mon chien ! (se dit à un enfant qui dit « merci » sans appellatif, pour l'inciter à en ajouter un plus convenable).
6 (Chien, au sens 1.).Prov. Bon chien chasse de race, il est bon chasseur de naissance (→ Chasser).Chien en vie vaut mieux que lion mort : il vaut mieux vivre misérablement que d'être mort après avoir été puissant.
41 Car pour l'homme qui est parmi les vivants, il y a de l'espérance; mieux vaut un chien vivant qu'un lion mort.
Bible (Crampon), l'Ecclésiaste, IX, 4.
Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage : tout prétexte est bon quand on veut se débarrasser de qqn ou de qqch.; on invente des torts à ceux qu'on veut sanctionner.
42 Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage.
Molière, les Femmes savantes, II, 5.
Autant vaut être mordu d'un chien que d'une chienne : il est inutile de fuir un mal pour en rencontrer un autre qui n'est pas moindre.Tous les chiens qui aboient ne mordent pas : les personnes qui crient le plus ne sont pas le plus à craindre.Chien hargneux a toujours l'oreille déchirée : le querelleur ne se retire jamais indemne. — ☑ Un chien regarde bien un évêque : nul ne doit se fâcher d'être regardé; la différence de rang autorise cependant les relations. — ☑ Qui m'aime aime mon chien.
Allus. hist. C'est le chien de Jean de Nivelle, il s'enfuit quand on l'appelle, en parlant d'une personne qui se dérobe quand on a besoin d'elle. — ☑ C'est Saint Roch et son chien, se dit de deux personnes qui ne se quittent jamais.
7 Loc. fig. Les chiens écrasés : les faits divers de peu d'importance, en journalisme. || Il fait les chiens écrasés.
———
II Seulement n. m.
1 Chien de mer : squale. Aiguillat; roussette.Chien-dauphin. Lamie.
2 (Fin XVIe). Pièce coudée de certaines armes à feu qui portait le silex et de nos jours guide le percuteur. || Chien d'un fusil de chasse. (1585, in D. D. L.). || Abattre le chien.
43 C'était un fusil à piston. Je le pris et fis jouer le chien, la gâchette. Comme il y avait encore une capsule, je retins le déclic et le chien se reposa doucement.
H. Bosco, Hyacinthe, p. 59.
Par anal. Être couché en chien de fusil, les genoux ramenés sur le corps. || Ramassé en chien de fusil : le corps courbé sur les genoux.
44 Antoine, ramassé derrière elle en chien de fusil, se redressa (…) et s'accouda confortablement.
Martin du Gard, les Thibault, t. III, p. 21.
45 Elle se tourna, en chien de fusil, le front contre le mur. Mais elle ne retrouva pas son agréable demi-somme (…)
Colette, Julie de Carneilhan, p. 75.
3 Loc. || Chien-assis [ʃjɛ̃asi]. Voir ce mot.
4 Jeux. Talon du jeu, au tarot. || Faire le chien. || Il y a six cartes dans le chien.
DÉR. Chenet, chenil. — Chiénage, chienchien, chiennaille. — Chiennée, chienner, chiennerie. — Cf. aussi les dér. du lat. canis (cagne, canaille, caniche, canidés, canin) et du grec kunos (préf. cyn- : cynégétique, cynique, cynisme, cynocéphale, cynodrome, cynoglosse; cyon).
COMP. Chien-assis, chiendent, chien-loup, tue-chien (V. Colchique).

Encyclopédie Universelle. 2012.

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